Arts martiaux ou plutôt « Arts d’arrêter » ?


Arts martiaux: cette appellation a pour origine Mars, dieu romain de la guerre. Et l’on peut imaginer tout ce qui est lié à la violence des opérations militaires.

En Asie, et en Chine plus particulièrement, le mot « martial » est traduit par le caractère « Wu » (Wu Shu). Ce qui n’est pas exact. Car le mot chinois est formé de 2 parties: l’une signifie « arrêter« , l’autre veut dire « lance« , l’arme. L’idée est donc plus d’arrêter une attaque, un conflit, que de tuer. On retrouve ce caractère au Japon, qui se prononce « Bu« , comme dans « Budo ».

Dans le sud de la Chine, on utilise le mot »Kung Fu » pour désigner les arts martiaux. Ce qui signifie: « s’accomplir par l »effort« , avec l’idée de maîtrise.

La conception des arts martiaux est donc différente entre l’Occident et une grande partie de l’Asie.

Lorsque l’on pratique un art martial chinois, japonais, coréen, vietnamien, ou autre, on ne combat donc pas avec l’idée de tuer l’autre, mais d’arrêter une attaque. On ne cherche pas à vaincre forcément un homme, mais la violence.

Wu et Bu

WU (en chinois), BU (en japonais)

Yee Kau LEE.

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« Si je frappe, c’est pour tuer »


De nombreux pratiquants d’arts martiaux ont déjà entendu de leur maître l’affirmation suivante: « si je frappe, c’est pour tuer ! ».

Que faut-il entendre par là ? Comment peut-on évoquer dans ces conditions l’esprit pacifique des arts martiaux ?

Bon nombre de novices prennent cette idée à la lettre. Or cette affirmation doit être analysée en parallèle avec une autre: « on pratique les arts martiaux pour ne pas avoir à s’en servir ».

On peut arriver alors à la conclusion suivante: si l’on frappe pour tuer, il vaut mieux ne pas frapper.

D’où la nécessité impérative de la maîtrise de soi dans la pratique des arts martiaux, la recherche constante pour évoluer vers le but ultime: vaincre sans combattre.

Y.K. LEE

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Quel art martial pour les enfants ? Comment choisir ?


Article complémentaire : « comment choisir son art martial ? » (https://danashuai.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=29&action=edit)

Nous sommes nombreux rechercher un art martial pour son enfant afin de l’aider à s’épanouir, à développer sa capacité de concentration, sa confiance, et aussi à se discipliner.

Une autre raison est de lui permettre d’apprendre à se défendre. Si nous imaginons souvent notre enfant comme victime potentielle, nous sommes rares à penser qu’il puisse devenir un agresseur potentiel. Pour cette raison, la pédagogie importe plus que la discipline elle-même.

 Car il n’y a pas d’art martial meilleur qu’un autre. Toutes les techniques sont efficaces. La meilleure façon de trouver un club adapté à son enfant est d’assister à un cours. De là, il convient d’observer et d’analyser par rapport aux besoins de notre progéniture:

 

–         l’ambiance générale : est-ce discipliné, calme (pour développer la maîtrise et la concentration) ou bien est-ce plutôt le défouloir (pour évacuer le stress) ?

–         l’esprit qui y règne : quelles sont les valeurs transmises ? Est-ce qu’on met plus l’accent sur la compétition ou sur la voie martiale ? (on remarque par exemple des clubs de Taekwondo axés sur la compétition sportive, tandis que d’autres sont plus dans la voie « traditionnelle »). Qu’est-ce que l’instructeur met en avant : les médailles et titres, ou bien les valeurs ?

–         la pédagogie : structurée ? démonstrative ? souple ou plutôt rigoureuse ?

–         ce qui plait à votre enfant : il faudra dialoguer avec lui sur les différents cours d’essai et sur ses préférences.

Afin d’éviter que notre propre enfant puisse user des techniques acquises de manière trop instinctive, il est important de :

–         s’assurer qu’il développe le contrôle de ses coups ;

–         travailler en priorité la garde, les blocages, les déplacements et esquives. Cela suffit déjà à se défendre, et ce sans violence ;

–         développer la maîtrise de ses émotions, ce qui est difficile même pour un adulte. Face aux injures, calomnies et mensonges, on peut vite se transformer en agresseur.

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Fuir une agression


En cas d’agression, la fuite est la première solution prônée par la majorité des maîtres et instructeurs d’arts martiaux.
 
Cette option ne garantit pourtant pas la sécurité. En effet, les agresseurs peuvent courir plus vite que la victime, notamment lorsqu’ils sont issus de la jeune génération et qu’ils mesurent plus d’1m85 !
 
Afin que la victime mette toutes les chances de son côté, elle doit dans sa fuite:
 
1. Courir en optimisant sa foulée. En athlétisme, les coureurs montent les genoux assez haut afin que les cuisses soient parallèlles au sol, et ils "griffent" à chaque fois que le pied pose par terre.
 
2. Faire des crochets pour déséquilibrer et déstabiliser ses adversaires, un peu comme les rugbymen. La trajectoire de course ne doit donc pas être linéaire, mais plutôt une combinaison de lignes droites et de "zigzags".
 
3. Et enfin voici ce qui fait courir vite: les abdominaux ! C’est eux qui font monter les genoux !
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Le meilleur art martial


Voici les termes qui sont saisis sur les moteurs de recherche par de nombreux internautes:
– « le meilleur art martial »
– « l’art martial le plus efficace »
– « l’art martial le plus rapide à apprendre »
– « l’art martial le plus facile à apprendre »
– « l’art martial qui tue »
Et voici quelques éléments de réponse:
1. Le meilleur art martial n’existe pas ! Le plus efficace non plus ! Tout simplement parce que TOUTES les techniques de TOUS les arts martiaux sont efficaces. Lorsque l’on étudie une technique, on cherche ses avantages, ses inconvénients, et les situations dans lesquelles elle peut être utilisée ou non. A chaque technique, il y a un contre, à chaque contre il y a une parade. De plus, une technique doit être adaptée à soi-même par rapport à ses propres qualités et faiblesses, et aussi par rapport aux caractéristiques de l’adversaire.
D’autres paramètres entrent en ligne de compte dans la conduite d’un combat: son état moral et physique, l’esprit tactique, l’assiduité à l’entraînement, l’intelligence, le timing, etc…
2. L’art martial le plus rapide à apprendre: attention ! Les arts martiaux ne sont pas des fast-foods ! On n’emprunte pas la voie pour en ressortir deux ans après ! Les arts martiaux sont l’école de la patience, de la persévérance, de l’humilité. Si l’on est pressé, il vaut mieux abandonner l’idée de pratiquer les arts martiaux.
3. L’art martial le plus facile à apprendre: et pourquoi pas « apprendre les arts martiaux en restant sous sa couette » ? Parmi les valeurs des arts martiaux, il y a la persévérance, la ténacité et le courage. Il n’est donc pas question pour un pratiquant de rechercher la facilité et le confort. Etudier avec concentration de manière assidûe, répéter sans cesse, pratiquer sans relâche, travailler toujours et encore: voilà la voie des arts martiaux ! Si cela demande trop d’effort, il vaut mieux s’orienter vers une activité plus confortable…
4. L’art martial qui tue: à ceux qui cherchent à tuer, il y a plus efficace que les arts martiaux. C’est d’acheter une arme à feu. On ne pratique pas un art martial pour tuer mais pour préserver la vie et la paix, pour se renforcer au niveau de la santé, et atteindre la maîtrise de soi – lire le billet: « ton adversaire le plus difficile à vaincre » (http://yeekaolee.spaces.live.com/blog/cns!BE3AD2960E1ED198!198.entry). Préserver la vie et la paix passe par l’évitement du combat, ou son arrêt. On n’a pas forcément besoin de tuer pour arrêter un combat: on peut immobiliser un adversaire par exemple, ou le piéger pour l’enfermer, ou encore l’esquiver et attendre qu’il se fatigue et ne trouve plus de force pour poursuivre ses attaques. Le niveau suprême en arts martiaux est: vaincre sans combattre.
Si l’on est convaincu et qu’on est prêt à emprunter la voie des arts martiaux, alors bienvenue et… bon courage !
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Yee Kau LEE.
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Se défendre contre le harcèlement au travail, moral, sexuel


Travailler les techniques de combat ne suffit pas pour un pratiquant d’arts martiaux. Il faut aussi développer sa force mentale et se doter de moyens de défense pour gérer des situations telles que le harcèlement au travail, le harcèlement moral, le harcèlement sexuel.
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1. Qu’est-ce que le harcèlement ?
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Selon le dictionnaire Larousse, le harcèlement vient de l’ancien français « herser » qui signifie frapper. Harceler veut dire « soumettre à des attaques incessantes », « tourmenter avec obstination », « soumettre à des critiques, des moqueries incessantes ».
Quant au harcèlement sexuel, il s’agit du fait « d’abuser de l’autorité conférée par des fonctions de travail pour tenter d’obtenir une faveur sexuelle par contrainte, ordre, ou pression ».
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2. Les objectifs du harcèlement au travail
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Lorsque l’on harcèle un ou une salariée, le but est de:
– le soumettre à la volonté du persécuteur (harcèlement sexuel)
– asseoir la puissance du persécuteur (pour se valoriser, pour satisfaire sa soif de domination,…)
– se venger d’un affront
– ou encore pousser la victime à la démission (car moins coûteux que le licenciement)
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3. Exemples d’actions de harcèlement
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– objectifs démesurés, sans aucun octroi de moyens pour mener à bien une mission
– surcharge de travail irrationnelle et injustifiée
– démoralisation et dévalorisation (« vous êtes nul », « vous ne comprenez jamais rien », « votre travail est toujours lamentable »…)
– fréquence des reporting augmentée de manière irrationnelle (« tous les soirs je veux votre rapport sur vos résultats par rapport à vos objectifs »)
– suppression de pauses
– isolement: on nous change de bureau pour nous isoler du reste de l’équipe, on n’est plus convié aux pots, on interdit à toute l’équipe de nous adresser la parole, etc…
– menace (« on peut vous remplacer trés facilement »), chantage
– programmation de réunions tard le soir afin de nous retrouver en tête-à-tête avec le persécuteur (harcèlement sexuel)
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La liste n’est pas exhaustive ! Les persécuteurs sont trés créatifs !
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4. Se défendre
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4.1. Rester déterminé ! Ne pas craindre de perdre son travail (quand on veut trouver du travail, on en trouve ! Il est vrai qu’il est plus difficile de trouver LE travail que l’on veut ou que l’on peut). Ayant cela à l’esprit, on se sent plus solide pour utiliser les moyens ci-dessous…
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4.2. Adopter une attitude « assertive » – lire l’article « Assertivité: la technique de l’édredon, le DESC, et Disque rayé » (http://yeekaolee.spaces.live.com/blog/cns!BE3AD2960E1ED198!521.entry). Lorsqu’il y a surcharge de travail, utiliser la technique du DESC en affirmant que la tâche demandée est au-dessus de nos moyens et que nous avons besoin d’aide ou de moyens supplémentaires, ou alors vous ne pouvez garantir le résultat final.
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4.3. Dés les premières insinuations à caractère sexuel: mettre les points sur les « i ». Plus on attendra, plus il sera difficile de gérer la situation car le sentiment de culpabilité s’installe. Idem pour les moqueries à caractère raciste ou autre.
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4.4. Ne pas s’isoler: faire part de notre situation aux collègues et à notre entourage. Le persécuteur peut agir un peu comme un miroir déformant qui nous amène à douter de nous-mêmes (« et si j’étais vraiment nul comme il le prétend ? »). Dialoguer avec d’autres personnes, c’est avoir d’autres miroirs qui nous renverront une autre image de nous-mêmes.
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4.5. Garder les preuves du harcèlement: emails, sms, tenir un journal des évènements avec dates et personnes en présence, etc…
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4.6. Informer la Direction des faits par écrit. Ne pas y indiquer vos états d’âme, ni vos opinions, ni aucune supposition. Parfois, on sera désavoué, mais au moins, on ne pourra jamais nous reprocher de ne pas avoir tiré le signal d’alarme !
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4.7. Contacter les syndicats et l’inspection de travail.
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4.8. Consulter le médecin traitant ou le médecin du travail: il pourra constater par écrit la dégradation de notre état de santé en raison des conditions de travail et, si c’est justifié, prescrire un arrêt de travail.
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4.9. Contacter la Permanence juridique de notre Mairie s’il y en a une: c’est gratuit, l’interlocuteur peut nous guider dans la démarche à suivre.
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4.10. Contacter les associations:
– Harcèlement Moral Stop: http://www.hmstop.com
– Association contre les Violences Faites aux femmes au Travail: http://www.afvt.org
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Faire face à une provocation


Commençons par une réflexion.
 
Un interlocuteur trés agressif vous adresse ces paroles :
1. "Viens ! On va dehors s’expliquer !"
2. "Viens te battre ! Quoi ? Tu chies dans ton slip ?"
 
Que répondez-vous ? (sans insulter votre interlocuteur !)
 
Voici ce que l’on peut faire:
 
1. Ecouter et poser des questions
 
Avant de répondre, il faut déjà chercher à comprendre pourquoi on nous provoque.
– Pour impressionner la galerie ?
– Parce que notre interlocuteur a peur ?
– Parce qu’il se sent blessé, parce qu’il est vexé ?
 
Une personne qui cherche à impressionner est à la base une personne qui manque d’assurance. Elle a besoin de se construire une image, de se rassurer, d’être aimée ou admirée. Lui poser des questions sur ces points pourrait "bloquer" sa colère, l’empêcher de se développer. ("Bon, d’accord, tu es énervé,  mais bon est-ce que tu as vraiment pu être blessé par de simples paroles ? Tu es un homme, je ne crois pas que tu aies pu en être blessé…").
 
Celui qui est agressif parce qu’il a peur est sur la défensive. Là encore, lui poser des questions orientées pourrait le calmer ("Je te rassure, je n’ai aucunement l’intention de me battre, je pense que toi et moi sommes assez adultes pour nous arranger…").
 
Quant à un interlocuteur vexé ou blessé, il faut l’aider à recentrer le débat sur l’essentiel en posant des questions ("Dis-moi, qu’est-ce qui t’a mis en colère ? … Ah, je comprends, on va arranger ça…").
 
 
2. Ignorer
 
Si l’on ignore la provocation, il vaut mieux s’éloigner de l’individu en marchant vite.
 
 
3. S’éloigner
 
On peut aussi quitter l’individu et lui faire le signe du "pouce". Cela peut le calmer. Pourquoi ? Parce que ce signe peut être interprété de différentes manières: l’interlocuteur peut prendre cela comme une reconnaissance de sa supériorité (il me fait pouce, ça veut dire qu’il reconnait que je suis plus fort et le meilleur, ou bien ça veut dire qu’il me dit stop donc qu’il abandonne). Pour nous, ça peut vouloir dire: tu es le meilleur et le roi des c…, donc continue ! Cette technique joue sur l’ambiguïté.
 
Autre possibilité: marcher vite, et répondre: "désolé, je n’ai pas le temps, j’ai un R.V., si tu veux me parler, tu me suis". Généralement, le provocateur laisse tomber.
 
 
4. Aller au conflit frontalement
 
C’est la technique qui a le plus de chance d’aboutir au combat, et donc celle qu’un pratiquant d’arts martiaux ne doit pas privilégier. On joue sur le rapport de force. Elle peut être utilisée notamment lorsque l’interlocuteur est beaucoup plus jeune: on emploiera le système de dialogue "adulte-enfant", c’est-à-dire infantiliser l’interlocuteur de manière à ce qu’il se sente comme face à son père afin d’asseoir notre autorité. Ajouter à cela tout le langage gestuel, par exemple en croisant les bras, en parlant de manière calme, assez forte, et grave, et en pointant l’index vers l’interlocuteur.
 
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