Eviter de se faire agresser

Voici un extrait de « LaoTseu : le silence du sage » de Tsai Chih Chung.
Il est dit qu’un homme sachant se protéger ne sera jamais attaqué par des tigres en traversant la jungle. Pendant une guerre, il ne sera jamais blessé. Un tigre peut être violent et trés fort, mais jamais il ne le griffera. Même avec les armes les mieux aiguisées, les soldats ne pourront lui nuire.
Pourquoi cela ?
Parce qu’une personne vivant correctement n’ira jamais dans un endroit où elle risque de se faire tuer.
Dans la rue, avant l’agression physique, il y a d’abord l’opportunité pour un agresseur d’attaquer. Et la rencontre entre la proie et le prédateur précède l’occasion. C’est donc complètement en amont qu’il faut chercher une solution pour éviter de se faire attaquer.
Comment éviter de se faire agresser dans la rue, dans le métro, chez soi,  ou ailleurs ?
La prévention, l’analyse de l’environnement, font partie de la 1ère phase de la stratégie de self-defense – voir billet « stratégie de self defense« (http://yeekaolee.spaces.live.com/blog/cns!BE3AD2960E1ED198!435.entry).
1. Dans la rue
Téléphoner avec son portable en ayant le dos au mur: cela évite qu’on se fasse voler par derrière
Eviter de marcher avec son sac côté route sinon on pourrait se le faire voler par des individus en scooter
– La nuit pour une femme: quand on voit devant soi un groupe d’hommes qui n’inspirent pas confiance, changer de trottoir, voire de rue. Le cas écheant, entrer dans un café qui se trouve à proximité, aller là où il y a du monde.
– La nuit si l’on vous demande l’heure: éviter de regarder sa montre, donner l’heure approximative sans quitter des yeux votre interlocuteur; si l’on vous demande une pièce, ne le faites pas.
– Si une personne douteuse vous interpelle, marcher vite, dire qu’on est pressé. Si elle insiste, lui répondre qu’on n’a pas le temps de s’arrêter, qu’elle n’a qu’à nous suivre: se diriger immédiatement vers un lieu où il y a du monde, entrer dans un commerce (le responsable des lieux pourrait ainsi téléphoner et appeler la Police. De plus, il y aurait au moins un témoin qui ne pourrait pas ne pas porter assistance à personne en danger sous peine de sanction pénale). Encore mieux: se diriger vers le commissariat le plus proche.
– Pour rentrer chez soi à pied le soir, privilégier un chemin plus long et sécurisé qu’un chemin plus court et plus dangereux (éviter de traverser un parc la nuit).
– Si une voiture s’arrête et que ses passagers demandent un renseignement,  ne pas s’approcher de trop prés, garder une distance de sécurité, surtout si les passagers font mine de rien entendre en raison de la distance. Il vaut mieux élever la voix plutôt que de réduire cette distance de sécurité.
2. Dans une gare et dans les transports en commun
– Devant un guichet ou billetterie: toujours avoir un oeil derrière soi et sur les côtés; ne jamais poser son sac entre ses jambes, mais devant ses pieds.
– Sur le quai de train ou métro: ne jamais se mettre trop prés du bord; si l’on n’a pas le choix en raison de l’affluence de voyageurs et que l’on est obliger de se tenir au bord du quai, se mettre de profil ou faire face au mur à l’approche du train ou métro afin de ne pas être surpris par quelqu’un qui voudrait nous pousser derrière.
– Préférer se mettre debout,  près de la sortie du quai.
– Les vols avec violence sont commises par au moins 2 individus. Pour ne pas être repérés par les caméras de videosurveillance, ils couvrent leur tête d’une capuche ou d’une casquette. Avant l’agression, ils observent autour d’eux pour s’assurer de l’absence de policiers. C’est à ce comportement qu’on les repère. Si l’on voit ces individus: se préparer à fuir ou bien ne pas laisser encercler par eux.
– Monter dans une rame où il y a du monde, jamais dans une rame vide ou avec des individus douteux.
Eviter de se mettre à côté des portes du wagon car c’est là qu’on se fait dérober son sac ou son téléphone juste avant la fermeture des portes.
– S’asseoir à un endroit où il y a du monde, de préférence prés du signal d’alarme, ou prés du chauffeur de bus (il n’y a pas de signal d’alarme dans un bus: seul le chauffeur peut alerter les secours. De plus, le chauffeur ne peut bloquer les portes). On peut aussi se mettre en tête de RER ou métro prés de la cabine du machiniste.
– Vous pouvez aussi téléphoner, pour de vrai ou pour de faux, à l’un de vos proches pour qu’il vous retrouve à la sortie de la gare dans le cas où  des individus qui ne vous inspirent pas confiance se trouveraient dans votre wagon.
Si l’on nous provoque dans un métro, train, ou RER: changer de rame immédiatement. Dans un bus: ne jamais tourner le dos aux provocateurs (sinon ces derniers interprèteront ce comportement comme un aveu de faiblesse et passeront à l’attaque), se tenir droit, ne pas montrer sa peur.  Attention: si l’on descend du bus, il se peut que l’on arrive à un endroit désert, sans témoin. Il faut éviter cette situation encore plus dangereuse car les provocateurs seront alors dans les meilleures conditions pour agresser.
Lire aussi billet « aider une personne agressée dans le métro » (http://yeekaolee.spaces.live.com/blog/cns!BE3AD2960E1ED198!350.entry)
 
3. En rentrant chez soi
– Jeter un coup d’oeil autour avant de composer son digicode.
Ne jamais entrer dans le sas de l’immeuble avec une personne que l’on ne connait pas car si l’individu attaque, on aura beau crier, personne ne pourra nous entendre. Idem pour l’ascenseur.
Avant d’ouvrir la porte de son appartement, s’assurer qu’il n’y a personne sur le palier (y compris l’escalier ou l’escalier de secours): certaines femmes ont été agressées chez elles après avoir été poussées par derrière. Une fois que l’agresseur avait fermé la porte derrière lui, les cris ne pouvaient alerter le voisinage car tout le monde croyait à une dispute de couple !
– Faire connaissance avec ses voisins et voisines d’immeuble ! C’est plus de sécurité, de convivialité, et on identifierait plus facilement les personnes étrangères à l’immeuble.
– Si l’on habite dans un immeuble où des personnes extérieures ont l’habitude d’occuper le hall d’entrée, ne pas hésiter à leur dire bonjour de manière conviviale et pleine d’assurance, faire sentir qu’on est maître des lieux et qu’on y est à l’aise. On prend ainsi l’ascendance psychologique, on a moins peur, tandis que les visiteurs sentent inconsciemment qu’ils sont chez nous. Répeter cette opération régulièrement.
4. Chez soi
– Toujours verrouiller complètement sa porte. En effet, une radiographie que l’on glisse le long de la porte permet d’ouvrir cette dernière si elle n’a pas été complètement verrouillée et fermée à clé.
Ne jamais dormir avec les fenêtres grandes ouvertes: de nos jours, les cambrioleurs sont entraînés pour grimper le long des murs, en passant par les balcons ou bien en descendant par le toit. Même si l’on est présent, on ne peut être alerté par le bruit si l’on est plongé dans un sommeil profond.
– Maîtriser son domicile: repérer les angles morts, les objets que l’on peut utiliser pour lancer et se défendre (statuettes, petits objets de décoration, vases, outils de bricolage, tout ce qui peut servir de projectiles,…).
5. Devant un distributeur de billets
– Ne jamais composer son code bancaire sous les yeux d’autrui. Attention à ce qu’on ne filme pas son code par quelqu’un avec son téléphone portable.
– Certaines personnes tentent de détourner notre attention pour voler la carte bleue après la composition du code bancaire (fausse quête, question, sondage…)
6. En voiture
Attention aux arrêts aux feux ou aux stops: regarder dans ses rétroviseurs, et faire attention à ce qu’il n’y ait pas d’individus ou de scooters qui longent notre véhicule.
Si on se sent en danger (un scooter devant et un autre sur le côté par ex.): se mettre immédiatement en 1ère et se tenir prêt à démarrer.
La nuit, aux feux, on peut aussi s’arrêter si possible sur la file de gauche: si les bandits sont droitiers comme la majorité des gens, et s’ils sont sur la file de droite, il leur est plus difficile de viser avec une arme à feu un conducteur de véhicule situé sur la file de gauche. Et si malgré tout un scooter ou moto venait s’arrêter à notre gauche, il faut augmenter notre vigilance !
7. Dans un parking
Les parkings sont généralement sécurisés (ceux de Vinci par ex.). Néanmoins, si l’on ne se sent pas en sécurité:
– Avant de récupérer son véhicule, aller demander au gardien du parking de nous suivre par les caméras de surveillance
Marcher toujours en plein milieu de la voie pour véhicule. On verrait plus facilement un agresseur surgir.
Jeter un oeil autour de soi tout en marchant (derrière, sur les côtés, et devant)
– Attention aussi au moment où vous entrez dans un parking en voiture. Si le risque est faible dans un parking public de type Vinci, il en est autrement lorsqu’il est privé, surtout si la porte de ce parking a eu une défaillance. Généralement, c’est la préparation des braqueurs. Il vaut mieux se garer dans la rue dans ce cas.
– Ne jamais oublier que l’on est armé (un agresseur n’aimerait pas recevoir un téléphone portable dans la figure par ex. On n’est pas obligé de le lancer vraiment: on peut faire des feintes de lancer, ça calme l’agresseur dans son élan).
8. Faire du jogging en milieu rural ou urbain
– Courir toujours à gauche de la route de façon à voir arriver les voitures.
– Porter de préférence un sac banane contenant votre téléphone portable et des cailloux que vous aurez ramassés en début de parcours.
– Si l’on vous agresse avec ou sans arme (couteau): lancer les cailloux sur la personne en visant la tête, en lancer un sur le pare-brise ou une des vitres pour marquer le véhicule de façon à faciliter le signalement à la Police, relever la plaque d’immatriculation et le type de véhicule. Mémoriser enfin les aspects physiques de l’agresseur (taille, vêtements, cheveux ou barbe, etc…).
9. Le racket
Seul le silence de la victime assure la sécurité des racketteurs. Ces derniers ont intérêt à imposer le silence par la menace. Bien évidemment, pour les empêcher de nuire, il faut les dénoncer. Si à la suite d’une plainte les racketteurs mettent de nouveau la pression, on déposera une nouvelles plainte. Et on appliquera tous les principes de précaution cités plus haut pour éviter les expéditions punitives.
10. Le braquage (commerce, banque)
Lors d’un braquage d’un commerce ou d’une banque et que l’on n’a aucune expérience, ni formation, ni entraînement, ni tactique de combat, il n’y a qu’une chose à faire: exécuter les ordres des bandits. Car le 1er objectif est de garder la vie saine et sauve. Les choses matérielles ne doivent pas être la priorité. Alors évitons de jouer les héros à fortiori devant une arme à feu (factice ou non). Le 2éme objectif est, dans la mesure du possible, retenir tous les détails et spécificités des agresseurs afin d’aider plus tard la Police dans ses investigations: taille, morphologie, élocution (rapide ou non, accent, voix grave ou aigüe, vocabulaire et expressions, …etc…), toutes particularités (démarche, bijoux ou montres portés, couleur des yeux, cicatrices, etc…). Plus on fournira d’indices à la Police, plus grandes seront les chances de retrouver les braqueurs. Pour minimiser son traumatisme, on doit se dire qu’on a peut être subi et perdu une bataille, mais pas la guerre !
11. Cas particulier: une « agression » née d’une altercation verbale
Plusieurs personnes m’ont fait part d’agressions suite à une altercation verbale. Lorsque ces propos viennent de la part de pratiquants d’arts martiaux à fortiori, j’ai envie de dire qu’ils en sont en partie responsables. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut raisonner un interlocuteur en colère, ou sous l’emprise des effets de l’alcool ou de la drogue, il est inutile de répondre à leurs provocations. Un pratiquant d’arts martiaux doit se maîtriser. Il peut ignorer l’interlocuteur et s’en éloigner, ou l’écouter et attendre qu’il se calme avant d’argumenter si c’est un cas de colère, ou utiliser des techniques de communication et la psychologie – lire billet « Assertivité: la technique de l’édredon, le DESC, et le disque rayé »(http://yeekaolee.spaces.live.com/blog/cns!BE3AD2960E1ED198!521.entry), « Faire face à une provocation » (http://yeekaolee.spaces.live.com/blog/cns!BE3AD2960E1ED198!600.entry), « La défaite et la victoire » (http://yeekaolee.spaces.live.com/blog/cns!BE3AD2960E1ED198!307.entry).
Pour finir…
Si malgré toutes ces précautions on croise le chemin d’un agresseur (hormis le cas d’un braquage ou du racket): toujours rester déterminé à défendre sa vie. J’ai connu plusieurs femmes qui ont été surprises d’avoir fait fuir leur agresseur alors qu’elles se voyaient mourir. Mais elles se sont battues pour vivre, elles étaient déterminées. Les agresseurs, eux, se battent pour voler, violer, ou humilier. Sont-ils prêt à mettre réellement leur vie en jeu ?
Adopter toujours une attitude confiante, marcher d’un pas sûr, ne jamais baisser la tête, ne jamais être une victime potentielle: les prédateurs ne s’attaquent qu’aux faibles.
Ne jamais quitter de ses yeux un individu douteux, ne jamais le laisser s’approcher de trop prés: garder une distance de sécurité.Après l’agression: ne pas se changer ni se laver car l’agresseur a peut être laissé des traces d’ADN sur nous (sang, salive, etc…).
Et pour élever le niveau de sécurité, la pratique d’un art martial de manière assidûe est vivement recommandée – lire billet « comment choisir son art martial« (http://yeekaolee.spaces.live.com/blog/cns!BE3AD2960E1ED198!224.entry).
 
Prendre des précautions ne doit cependant pas se transformer en psychose: fort heureusement, on ne se fait pas agresser tous les jours, ni par tout le monde.
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Yee Kau LEE.
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9 commentaires pour Eviter de se faire agresser

  1. erwan dit :

    Je n’ai cas descendre en bas de chez moi pour me faire agresser, lol !
    L’une de mes techniques de défense est de "sapper" la rotule de l’adversaire, en tapant sur le coté et en recherchant à cogner entre l’articulation et le tendon! Technique vraiment destructrisse pour l’agresseur car deux forces qui se croisent rentre en jeu (flexion et contorsion)!L’entorse du genou assurée si bien réalisée !
    Maintenant il savent de quoi je suis capable donc je ne me fais rarement agresser !mdr
    Sinon je suis bien d’accord avec ton article!
    Bonne continuation !!!! @+

  2. erwan dit :

    Pour répondre aux questions! Déja le bas de mon immeuble il faut un pass pour rentrer, donc déjà là il y a un risque ensuite viens la cage d’escalier!
    Sachant que je ne peux pas trop éviter ces types j’ai quelques techniques bien à moi! Je me balade tjrs les mains dans les poches! En réalité j’ai mon trousseau de clés que j’ai placé de telle façon que si jamais je me fais agrésser je m’en sert comme d’une sorte de "coup de poing américain" en faisant en sorte de viser les yeux, et tant pis si je leur gréve un oeil, c’était pour ma survie !!!!
    Je sais tu vas surement me dire que j’ai des méthodes expéditives et barbares (lol) et que ça ne suit pas trop la voie du Bushido, mais quand il sagit de sauver sa peau j’utilise tous les moyens à ma disposition !
     
    Bonne continuation pour ton blog !!!! @++

  3. choffel dit :

    Personnellement, je pense que l’on peux se faire agresser à peu près n’importe où; malheureusement.Pour éviter de me faire agresser, j’essaie de ne pas laisser transparaître ma méfiance quand je croise des personnes "à risque". Grand fan de la saga DUNE de Frank Herbert, j’ai toujours essayer d’appliquer "la litanie de la peur" que Paul Atréides répète dans sa tête dans les moments dangereux ou en combat. Et ça marche pas trop mal 🙂 Prendre un visage neutre, marcher droit devant comme si de rien n’était (sauf évidement dans les cas où les gars ont l’air bien trop chauds où là on se tire de la manière la plus naturelle possible). Voici cette litanie :"Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon oeil intérieur sur mon chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien."Rien que moi.Frank Herbert "DUNE"

  4. Sakura_Kill_KarinThePouf dit :

    merci beaucoup!!j’éspère que sa me serviras!(enfin,je veux pas tellement me faire aggresser xD)
    même si j’ai que 11 ans,le collège,c’est un endroit où il y a BEAUCOUP de bagarre (moi franchement,je dit toujours:je ne veux pas etre mélée à cette histoire,mais si ils agresse une de mes amies,faut que la personne soit prête à aller à l’hôpital!!!j’ai arrêté plusieurs coup de poing pendant que mes amies allais prévenir les profs! U_û…mais bon,si la personne est armée,j’suis pas dans la m*rde!)

    • danashuai dit :

      Merci pour ton commentaire. Tu noteras que l’adresse de mon blog vient de changer: http//danashuai.wordpress.com.
      à bientôt !

  5. L25 dit :

    Très bon article dans l’ensemble que je découvre par hasard (je sais que les posts datent mais je tenais malgré tout à écrire un commentaire). Cependant, tout semble « trop facile », je trouve… Malgré tous les bons conseils du monde, personne ne peut être certain à 100% de sa réaction en cas d’agression. Je suis une jeune femme de 25 ans de nature assez angoissée. Lorsque je sors dehors, j’ai toujours dans l’idée qu’il risque de m’arriver quelque chose (c’est pour cela que j’ai décidé d’arrêter de regarder les faits divers à la télévisions) et que je doit faire attention à moi. En général, je reste sur le qui-vive en regardant bien les gens qui croisent ma route. Aussi, je ne sors que le jour seule, mais la nuit, soit j’évite de sortir, soit je le fais seulement lorsque je suis accompagnée. Et puis pour travailler, on a pas bien le choix…

    Pourtant, vous avez beau écrire « Parce qu’une personne vivant correctement n’ira jamais dans un endroit où elle risque de se faire tuer », et bien dans la vraie vie, ça ne se passe pas toujours ainsi, désolée. Les agressions se déroulent bien souvent dans des endroits publics, sous les yeux de tout le monde.
    Il y a un an de cela, un après-midi, je me trouvais en plein centre-ville avec une amie, nous étions assises sur les marches situées sur la place du centre commercial, il y avait du monde, des jeunes étaient assis juste à quelque mètres de nous, bref, la ville était en mouvement. Un type louche a surgi de nulle part et s’est assis à côté de nous pour nous demander une cigarette. Ensuite, il s’est mis à dire des choses obscènes en feignant l’humour, tout en m’attrapant par le bras et en le serrant très fort. Je ne montre jamais ma peur en apparence et j’ai su garder mon sang-froid pour ne pas lui donner d’importance mais au fond de moi, j’étais tétanisée. A tel point que malgré mon envie de fuir ou de me défendre, mon corps tout entier ne répondait plus présent. Il était comme figé, incapable de bouger. Mon amie semblait avoir moins peur que moi.
    D’un seul coup, je l’ai regardée et lui ai dit que nous devions partir. Mon corps s’est enfin « réveillé » et je me suis levée. L’individu est alors devenu agressif et m’a crié qu’il allait m’attraper et s’occuper de moi, le tout sous les regards impassibles des gens qui étaient autour. Aucun n’a bougé. Je me connais, j’ai du caractère et il m’arrive parfois de réagir vivement sans trop penser aux conséquences que ça peut avoir mais cette fois-ci, j’ai préféré ne rien répondre. J’ai fais comme si je ne l’entendait pas et j’ai empoignée mon amie pour que nous rejoignons l’entrée du centre commercial. Le type nous a suivi en courant, personne n’a réagit. Heureusement, j’étais plus rapide que lui et au final, il a fini par s’en aller. Plus de peur que de mal, mais tout de même, cela marque psychologiquement…

    On a beau se trouver en plein cœur du centre-ville bondé à 14h, il n’empêche que l’on a autant de chances de s’y faire agresser ou tuer que dans une ruelle malfamée à 3h du matin. De nos jours, le monde est fou et TOUT arrive partout. Et sachez aussi que par les temps qui courent, la solidarité humaine est en voie de disparition. Je le vois au quotidien. Les gens s’en fichent de plus en plus, ils pensent avant tout à eux, le reste ne les intéresse pas. Il n’y a qu’une petite part de chance pour qu’une personne bien intentionnée vienne nous porter secours. Et encore, les gens comme ça se font de plus en plus rares. Beaucoup d’amies se sont faites agressées dans les transports en commun, sous les regards presque amusés d’hommes qui se sentaient plus solidaires avec les agresseurs qu’avec les victimes.

    Votre article est bien construit, vous savez analyser chaque situation; néanmoins, les choses ne se dérouleront jamais comme vous le dites. Lorsque vous dites que l’on doit changer de trottoir lorsque l’on voit des types louches et aller vers un endroit éclairé, qui vous dit qu’un café ou commissariat se trouve à proximité? Que faire si on se trouve en pleine rue, sans personne autour? En ce qui concerne le fait de ne pas tourner le dos aux gens douteux, ça semble une bonne idée mais souvent, le type peut prendre cela comme une provocation, non? Beaucoup de bagarres commencent par un regard, aussi anodin soit-il.

    • danashuai dit :

      Bonjour,
      D’abord merci pour votre commentaire.

      Vous avez raison, rien ne se passe forcément « comme prévu ». L’article que vous avez lu concerne en fait la 1ère phase de la tactique de l’autodéfense, qui précède la 2éme et la 3éme phase.

      Le travail de cette 1ère phase consiste à diminuer les risques d’agression et à apporter une réponse à la question suivante: comment éviter de rencontrer un agresseur ? Si l’on échoue, on passe à la 2éme phase (contact en l’agresseur et le défenseur)durant laquelle on utilise la psychologie et les techniques de communication. Je n’ai pas écrit d’article sur ce sujet car cela nécessite du travail. La simple lecture ne donne pas les moyens d’assimiler les techniques.

      La citation de Laozi s’applique bien à votre cas. Le centre commercial fait partie des endroits où l’on peut rencontrer des agresseurs. En fait, tout endroit public peut l’être. C’est la raison pour laquelle de nombreux grands maîtres d’arts martiaux et de la sagesse se retirent dans les montagnes. Mais vous comme moi ne sommes pas de grands maîtres, notre vie et notre activité nous amènent forcément à rencontrer des personnes qui peuvent être dangereuses.

      Dans le centre commercial, vous étiez dans la 2éme phase puisque l’agresseur est entré en contact avec vous. On n’était plus dans le cas de la 1ère phase. Cependant, vous étiez tout de même dans un environnement qui vous était « favorable »: dans les centres commerciaux, il y a généralement des caméras de surveillance, des témoins,… Le travail consiste alors à lui faire prendre conscience que s’il vous faisait quoi que ce soit, la Police et la justice le retrouveraient très facilement et qu’il valait mieux en rester là. Et cela passe par des techniques de communication. Mais ça, c’est un autre sujet…

      Vous avez raison aussi sur le fait qu’un simple regard peut provoquer un conflit. Et pourtant, si l’on ne garde pas l’oeil sur un agresseur potentiel, on peut se prendre un coup par derrière. Une des possibilités et de le surveiller par les reflets dans les vitres (RER, ou vitrines de commerces, etc…). Mais là encore, le comportemental joue un rôle déterminant car si par notre tenue on donne une image de victime potentielle, facile, les agresseurs passent à l’attaque.

      Il y a beaucoup de choses à dire sur l’autodéfense. Si cela vous intéresse, j’organise chaque année des stages gratuit d’autodéfense (phases 1, 2, et 3). Pour cela, « aimez » la page Facebook suivante:
      https://www.facebook.com/pages/Martial-Arts-Spirit-DANASHUAI/115551758483438?ref=hl

      Les stages gratuits sont annoncés sur cette page. Si vous avez d’autres remarques, n’hésitez pas à les faire.

      Merci encore pour votre commentaire, et bonne continuation.

  6. Chapel Selim dit :

    Moi j’ai 10 ans et quand je pars tout seul j’ai peur de me faire agresser donc moi ma technique c’est d’avoir ma latte d’école dans la main de marcher le plus loin des voitures possible et surtout de courir pendant tous mes trajets quand je suis tout seul. Mais le meilleur moyen reste quand même de sortit en groupe.

    • danashuai dit :

      eh bien Selim, tu as raison ! Tout ce qui peut diminuer le risque de se faire agresser est bon. Et tu le fais bien. Tu peux en fait marcher, puis courir lorsque tu entends une voiture ralentir près de toi. Et bien évidemment, il vaut mieux ne pas porter de casque avec de la musique ou téléphoner en marchant dans la rue…

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